Article  2011

La perception des messages de santé par les populations défavorisées

AUTEUR(S) :
NOM REVUE /
COLLECTION :
Cahiers de Nutrition et de Diététique
PAGES :206-212

RESUME

Cet article est issu des communications orales faites du 8 au 10 Décembre 2010 dans le cadre des Huitièmes Journées Francophones de Nutrition à Lille.

Dans un contexte de diffusion des messages de santé portant sur l’alimentation et de mise en place du Programme National Nutrition Santé, l’article examine la perception des recommandations par les ménages modestes, dans leur comparaison avec les ménages aisés. Il met en évidence l’existence d’importantes inégalités sociales. Ainsi, l’injonction, au nom de la santé, à une consommation accrue en fruits et légumes et moindre en aliments gras et sucrés, ou l’incitation à la pratique régulière d’une activité physique se heurtent dans les milieux populaires aux contraintes économiques, mais aussi aux représentations d’une « bonne alimentation » et de la corpulence idéale des membres de cette catégorie sociale. Dès lors, les enjeux se situent désormais du côté de ces populations modestes dans leur ensemble, pour lesquelles les recommandations apparaissent plus souvent comme des injonctions extérieures. Ne s’agit-il pas dès lors de mener une politique de santé publique à l’attention de l’ensemble de ces catégories modestes, en tenant compte de leurs contraintes, de leurs pratiques et de leurs représentations ?

ABSTRACT

In a context of diffusion of nutritional recommendations and of the PNNS program, this contribution analyses the perception of the recommendations in the lower social strata, compared to the upper one. It underlines the existence of significant social inequalities. Thus, in the lower strata, the injunction, for health reasons, of a higher consumption of fruits and vegetables, and of a lower one of fat and sweet foodstuffs, and the incentive for regular physical activity are not compatible with the financial constraints of these deprived strata, with the representation of a “proper meal” and with the representations of an ideal body shared by these social categories. Consequently, these poorer strata, in a broad meaning, constitute a real issue, because they perceive more often the recommendations as external injunctions. In order to be more effective, the public health policy should take in account the constraints, daily practices and representations of this social category.

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